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Six ans d’intelligence collective – La Maison de l’IA : d’un lieu pédagogique à un acteur stratégique territorial

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Six ans d’intelligence collective – La Maison de l’IA : d’un lieu pédagogique à un acteur stratégique territorial

Créée en 2020 à Sophia Antipolis sous l’impulsion du Président du Département des Alpes-Maritimes Charles Ange Ginésy et de Marco Landi, président du Comité d’Experts du Smart Deal 06, la Maison de l’Intelligence Artificielle avait pour ambition de démocratiser l’IA et de la rendre accessible à tous.

Six ans plus tard, la structure s’est affirmée comme un acteur structurant de l’écosystème azuréen. De la sensibilisation des collégiens à l’accompagnement des entreprises et des collectivités, son évolution reflète une stratégie territoriale progressive et cohérente.

Une ambition politique : rendre l’IA accessible

La naissance de La Maison de l’IA s’inscrit dans la stratégie numérique portée par le Département dans le cadre de la politique du Smart Deal 06 lancée en 2017, au cœur d’un territoire déjà reconnu pour son dynamisme technologique avec Sophia Antipolis.

Dès l’origine, l’objectif est clair : faire de l’intelligence artificielle un sujet compréhensible et appropriable.

La Maison de l’IA est conçue comme un espace de médiation et de dialogue, soutenu par une gouvernance réunissant le Conseil départemental des Alpes-Maritimes, la CASA, la CCI Nice Côte d’Azur et Université Côte d’Azur.

La première phase est consacrée à la sensibilisation, avec 75 % des collèges du territoire qui ont été sensibilisés. Ateliers pédagogiques, parcours interactifs et démonstrations ont permis de développer une culture numérique éclairée auprès des jeunes et du grand public.

L’objectif était moins de former des experts que de donner des repères dans un environnement technologique en mutation rapide.

Un lieu d’animation et de visibilité territoriale

Au-delà de la médiation, La Maison de l’IA s’est vite imposée comme un espace d’animation du territoire.

Des centaines d’événements ont été organisés ou co-organisés : conférences, tables rondes, ateliers pratiques et participations à des rendez-vous nationaux comme la Fête de la Science.

Cette dynamique a contribué à structurer un écosystème local où se rencontrent professeurs, chercheurs, entrepreneurs et décideurs publics. La Maison de l’IA joue ainsi un rôle de point de convergence pour les acteurs du numérique sur la Côte d’Azur.

Dans cette stratégie, le World Artificial Intelligence Cannes Festival (WAICF) contribue à la visibilité internationale du territoire. Lancé en 2022 avec le soutien de la ville de Cannes et de son Maire David Lisnard, il s’est rapidement imposé comme un rendez-vous incontournable, consacré aux enjeux mondiaux de l’IA, réunissant environ 10 000 visiteurs professionnels et proposant plus de 300 conférences. Le pavillon du Département des Alpes-Maritimes y accueille chaque année une trentaine de startups azuréennes, leur offrant une vitrine internationale et des opportunités auprès d’investisseurs, de grands groupes et de décideurs publics.

Le virage vers l’accompagnement professionnel

L’évolution la plus significative concerne le développement d’une offre dédiée aux professionnels.

Face à l’essor de l’IA dans les organisations, entreprises, collectivités territoriales et services de l’État ont exprimé des besoins en acculturation et en structuration de leurs projets.

La Maison de l’IA propose désormais des sensibilisations pour dirigeants et managers, des ateliers d’identification de cas d’usage ou de prompt engineering ainsi que des sessions consacrées à l’intégration opérationnelle et aux questions de gouvernance. Cet accompagnement se déploie également avec l’appui du SICTIAM, premier opérateur public de services numériques (OPSN) de France, permettant un accompagnement plus poussé des collectivités territoriales dans leurs projets d’IA.

L’installation au Pôle Alpha illustre cette montée en puissance. Les nouveaux espaces de la MIA offrent des capacités adaptées aux ateliers pratiques et aux événements professionnels, renforçant l’ancrage de la MIA dans l’écosystème d’innovation de Sophia Antipolis.

Conclusion

En six ans, la Maison de l’Intelligence Artificielle est passée d’un projet centré sur la sensibilisation des collégiens et du grand public à un acteur structurant de l’écosystème IA des Alpes-Maritimes. Elle a conservé sa vocation d’accessibilité tout en développant une offre tournée vers les entreprises et les acteurs publics.

À l’heure où les enjeux de souveraineté numérique, de régulation européenne et d’intégration responsable de l’IA s’intensifient, la MIA occupe une position d’interface entre stratégie territoriale, innovation technologique et appropriation concrète des usages. Sa trajectoire témoigne d’une évolution progressive vers un rôle durable au service du territoire.

Reste une question centrale : où en sera La Maison de l’IA dans cinq ou dix ans, à la vitesse à laquelle les technologies évoluent ?

L’essor de l’IA générative, l’automatisation des processus et la transformation des organisations redessinent déjà les équilibres économiques et institutionnels. Dans ce contexte, la capacité de la MIA à anticiper, former en continu et accompagner les décideurs sera déterminante.

Forte de son ancrage territorial et de son articulation avec des événements internationaux, elle affiche désormais l’ambition de s’imposer comme un acteur de référence au niveau national, voire européen, dans l’acculturation, l’accompagnement stratégique et la diffusion d’une intelligence artificielle responsable.

Alexandre GENETTE, Responsable du Pôle médiation scientifique à La Maison de l’IA