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« Osez l’IA » : un an plus tard, qui a vraiment plongé ? 

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« Osez l’IA » : un an plus tard, qui a vraiment plongé ? 

Mais au fait… oser quoi, exactement ? 

Vous avez peut-être déjà croisé ce slogan sur une affiche, dans un salon professionnel ou au détour d’un post LinkedIn. 

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e) à vous demander ce qui se cache derrière.  

À La Maison de l’IA, les interrogations reviennent souvent : qu’est-ce que cela sous-entend exactement ? A qui cela peut-il servir ? Est-ce concluant ? 

Bonne nouvelle : un an après son lancement, l’État vient de présenter son premier bilan. L’occasion de faire le point ensemble ! 

Un petit retour en arrière : Bercy, le 1er juillet 2025 

Ce jour-là, le Gouvernement présente un plan national pour convaincre les entreprises françaises, des grands groupes aux artisans, de se mettre à l’intelligence artificielle. 

Au départ, un constat : à l’été 2025, à peine 8 % des très petites entreprises et 13 % des PME utilisent une solution d’IA. Et moins d’un dirigeant de TPE sur trois y voit un levier stratégique. 

Le plan fixe donc, un cap pour 2030 : 100 % des grandes entreprises, 80 % des PME et 50 % des TPE devront avoir adopté l’IA. Avec 200 millions d’euros, et trois verbes : sensibiliser, former, accompagner. 

Une image originale pour comprendre : la piscine municipale 

Imaginez que l’État veuille apprendre à nager à toute la nation. Impossible de dispenser des cours individuels. La logique veut donc qu’il s’engage dans la construction de bassins et le recrutement de maîtres-nageurs. 

C’est un peu la même dynamique pour ce plan national. « Osez l’IA » ne vous apprend pas à nager : il établit le cadre et forme ceux qui vous accompagneront le long du parcours. 

Les maîtres-nageurs, donc, ce sont les “Ambassadeurs IA” : des dirigeants, des experts, des structures qui, en plus de leur activité, vont à la rencontre des entreprises pour leur montrer comment rentrer dans l’eau, sans se noyer, de près. 

Le bassin, ce sont les dispositifs : un diagnostic « Data IA » financé à 40 % par l’État, un catalogue de solutions clé en main, une plateforme de cas d’usage, et une « Académie de l’IA » censée former 15 millions de professionnels d’ici 2030. 

Un an après : quels résultats ? Le 3 septembre dernier à Bercy, le Gouvernement a dévoilé ses chiffres.

Le premier est significatif : plus de 35 000 entreprise sensibilisées, grâce à 615 ambassadeurs répartis sur 20 régions et collectivités, dont les Outre-mer, couvrant 13 secteurs. Il en avait été espéré 300. 

Le dispositif a donc rapidement trouvé son public. Reste à savoir combien de ces entreprises sont ensuite passées de la sensibilisation à une démarche concrète. 

Le second chiffre est plus modeste : 70 diagnostics Data IA engagés. 70, contre un objectif fixé à 1 000, alors que le plan présenté en 2025 affichait une cible de près de 5 000 diagnostics co-financés. Seulement 88 offreurs de solutions référencés et 54 cas d’usage publiés. 

Assister à une présentation permet de découvrir les possibilités offertes par l’IA ; engager un diagnostic suppose déjà d’entrer dans une démarche plus structurée, avec l’objectif d’identifier des usages pertinents pour son organisation.  

Une question de géographie se pose également : Paris concentre 1 ambassadeur sur 6, tandis que 16 départements n’en ont aucun. A ce rythme, il faudrait multiplier la cadence pas 12 pour tenir l’objectif 2030. 

Et si les entreprises avaient déjà commencé, sans suivre de plan ? 

C’est une autre donnée à prendre en compte. Car parallèlement au déploiement du plan “Osez l’IA”, l’adoption de ces technologies a progressé rapidement dans les entreprises françaises. 

L’INSEE le mesure : en 2025, 18 % des entreprises de plus de 10 salariés utilisent au moins une technologie d’IA, trois fois plus qu’en 2023. Et selon France Num, une TPE-PME sur quatre déclare utiliser l’IA, deux fois plus qu’un an plus tôt. 

Plus d’une TPE-PME sur deux a déjà testé l’IA générative… et moins d’une sur cinq l’utilise régulièrement. 

Le véritable enjeu se situe peut-être là : dans le passage de l’expérimentation ponctuelle à un usage régulier, maîtrisé et réellement utile à l’entreprise. 

L’obstacle principal n’est pas uniquement technique. Parmi les entreprises qui n’utilisent pas l’IA, 71 % disent tout simplement… ne pas en (a)voir l’utilité. 

Le challenge sur l’année à venir : passer de la sensibilisation à l’action. 

Le gouvernement résume son cap pour l’an 2 en une formule : passer de la sensibilisation à l’action via 3 leviers identifiés : 

  1. Élargir le réseau : une nouvelle vague de recrutement d’ambassadeurs d’ici la fin 2026, pour couvrir les territoires oubliés. 
  1. Multiplier les diagnostics : un objectif de 1 000 diagnostics Data IA, toujours financés à 40 %. 
  1. Renforcer l’accompagnement : les “Accélérateurs IA” : 18 mois d’accompagnement individuel, pris en charge à 46 % par la France 2030, avec un parcours dédié à l’industrie. 

Et à La Maison de l’IA ? 

C’est précisément ce qui nous anime, à Sophia Antipolis. Depuis le 3 juillet 2025, La Maison de l’IA est labellisée Ambassadrice “Osez l’IA”, aux côtés du 3IA Côte d’Azur, de la French Tech Côte d’Azur et de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. 

Sous l’égide du Département des Alpes-Maritimes, notre rôle consiste précisément à dépasser la seule sensibilisation pour permettre aux professionnels de confronter l’IA à leurs propres besoins. Depuis sa labellisation en tant qu’ambassadrice, La Maison de l’IA a sensibilisé 10 392 professionnels (à travers une centaine de séquences différentes).  

Concrètement : des ateliers pour tester des outils adaptés à des cas d’usages spécifiques, des démonstrateurs à tester ainsi que des rencontres où dirigeants partagent leurs retours d’expérience.  

(c) Département des Alpes-Maritimes

Au fond… 

Ce premier bilan retranscrit un constat sans appel : le réseau est en place et la sensibilisation à grande échelle a commencé. L’essentiel se joue désormais dans la capacité à transformer cet intérêt en projets, puis en usages réellement utiles aux entreprises.  

La question n’est donc plus « Faut-il oser l’IA ? », mais « Par où commencer, et surtout, avec qui ? »

À La Maison de l’IA, notre rôle est de vous faire découvrir l’IA autrement, expérimenter et comprendre, à travers nos ateliers (ou bien dans ces articles par exemple), afin de pouvoir vous en servir à bon escient, ensuite ! 

Walid NAIJI – Chargé de médiation scientifique à La Maison de l’IA